Qui finance Totalenergies ?
Les banques et les investisseurs fournissent à TotalEnergies comme aux autres entreprises du secteur énergétique des services indispensables au maintien de leurs opérations et au développement de nouvelles activités.
Alors qu’ils doivent réorienter leurs soutiens vers les énergies soutenables, l’efficacité énergétique et le développement d’un secteur énergétique plus sobre et durable, les acteurs financiers continuent d’alimenter l’expansion pétrolière et gazière comme celle de TotalEnergies.
Les banques derrière TotalEnergies
Top 10 des banques de TotalEnergies (2021-2024)
En millions US$
Source : Analyse de Reclaim Finance, basée sur des données du Banking on Climate Chaos 2025
Les banques peuvent soutenir TotalEnergies à travers des prêts – à ses projets d’énergies fossiles ou à l’entreprise – ou en l’aidant à émettre des obligations ou des actions.
Les 22 banques qui ont soutenu TotalEnergies entre 2021 et 2024 lui ont fourni 21,8 milliards US$ de financements.
Où sont basées les banques qui financent TotalEnergies ?

France
(29%)
6 291 mln US$

Etats-Unis
(23%)
4 959 mln US$

Japon
(16%)
3 546 mln US$

Royaume-Uni
(14%)
3 134 mln US$

Espagne
(8%)
1 645 mln US$

Allemagne
(5%)
1 190 mln US$

Canada
(3%)
749 mln US$

Italie
(1%)
197 mln US$

Australie
(0,5%)
104 mln US$
Quelles banques s’engagent
contre la stratégie climaticide de TotalEnergies ?
Seules quelques banques, comme la Banque Postale ou Danske Bank, ont choisi d’exclure tout financement aux entreprises – comme TotalEnergies – qui poursuivent une stratégie d’expansion pétrolière et gazière à l’encontre des recommandations des scientifiques et de l’Agence Internationale de l’Energie.
Quant aux banques qui ont financé TotalEnergies ces 3 dernières années, seules quelques-unes ont adopté des mesures pour restreindre leur financement aux énergies fossiles. Des exclusions qui restent toutefois insuffisantes. En effet, ces banques excluent généralement les financements directs aux projets pétroliers et gaziers, mais se laissent la possibilité de financer les entreprises pétro-gazières elles-mêmes. Par ailleurs, leurs engagements ne concernent qu’une partie de la chaîne de production des énergies fossiles, laissant par exemple la porte ouverte au financement de terminaux de liquéfaction de gaz. Enfin, les banques prévoient des exceptions destinées à rendre l’application de leurs politiques flexible, et donc permissive.
| Engagement à ne plus financer les entreprises pétro-gazières |
|---|
| Aucune des banques qui a financé TotalEnergies depuis 2021 n’a depuis exclu le financement des entreprises qui poursuivent une stratégie d’expansion pétrolière et gazière climaticide. |
| Engagement à ne plus financer aucun projet pétro-gazier |
|---|
| Aucune des banques qui a financé TotalEnergies depuis 2021 n’a depuis exclu définitivement le financement direct de tous les projets pétroliers et gaziers (y compris les projets dits “midstream”, par exemple les usines de liquéfaction de gaz). |
| Restrictions partielles des soutiens dédiés aux projets pétro-gaziers |
|---|
|
| Pas ou peu de restrictions |
|---|
|
Les Investisseurs derrière TotalEnergies
top 15 des investisseurs de TotalEnergies
En milliards de $
*Groupe Crédit Agricole : comprend Amundi, CPR AM, Banque Degroof Petercam, Degroof Petercam AM, CA Indosuez, KBI Global Investors et les actions du Fonds Communs de Placement d’Entreprise (FCPE) de TotalEnergies, géré par Amundi.
**Deutsche Bank : comprend DWS.
Les 15 plus gros investisseurs de TotalEnergies détenaient au moins 81 milliards US$ d’investissements dans l’entreprise au 23 avril 2026.
Où sont basés les investisseurs qui financent TotalEnergies?***

Etats-Unis****
76,1 mds US$

France****
25,5 mds US$

Allemagne
8,1 mds US$

Royaume-Uni
7,1 mds US$

Canada
3 mds US$

Suisse
2,9 mds US$

Norvège
2,5 mds US$

Italie
1,4 mds US$

Espagne
1,3 mds US$

Luxembourg
1,3 mds US$
***Source : Analyse de Reclaim Finance basée sur les données du terminal Bloomberg au 23 avril 2026. Nous contacter pour plus de détails pour ces pays ou d’autres pays.
**** Téléchargez la liste des 20 principaux investisseurs aux Etats-Unis et en France
LES INVESTISSEURS QUI S’OPPOSENT A LA STRATEGIE CLIMATICIDE DE TOTALENERGIES
Un engagement sans impact
Depuis de nombreuses années, des investisseurs – comme la Caisse des Dépots et Consignations, le danois APF, le britannique Federated Hermes ou le néerlandais Robeco – disent vouloir convaincre TotalEnergies d’adopter une stratégie de transition alignée sur l’accord de Paris. Alors que l’entreprise ne cesse d’augmenter ses objectifs de production de pétrole et de gaz et de réduire ses investissements dans les énergies soutenables, et refuse depuis 2025 de faire voter ses actionnaires sur son plan climat, force est de constater l’échec de cette stratégie de dialogue.
L’exclusion au cas par cas
Plusieurs investisseurs ont donc choisi d’exclure TotalEnergies de leurs investissements en raison de ses impacts sur le climat ou les droits humains. C’est le cas du néerlandais MN qui, après avoir coordonné pendant plusieurs années le dialogue des investisseurs du Climate Action 100+ avec TotalEnergies, a exclu l’entreprise de son portefeuille en 2024 en dénonçant « des années d’engagement intensif sur le climat, sans succès ». Le danois PKA a cédé ses investissements dans TotalEnergies en raison du projet EACOP en Ouganda, expliquant : « nous étions en dialogue depuis plusieurs années, sans qu’ils répondent à nos critiques ».
Le désinvestissement de toutes les entreprises pétro-gazières
Depuis l’Accord de Paris, poussés par les mouvements pour la justice climatique, des investisseurs comme le fonds souverain Ireland Strategic Investment Fund, l’Ircantec en France ou ABP (plus important fonds de pension néerlandais) ont annoncé exclure de leurs investissements toutes les entreprises qui développent des projets pétroliers et gaziers. Cette stratégie ne leur permet toutefois pas de sanctionner ces entreprises lors de leurs Assemblées générales.
L’arrêt des nouveaux investissements dans toutes les entreprises pétro-gazières
Des investisseurs comme le français CNP Assurances, ont adopté des politiques qui excluent tout nouvel investissement dans les entreprises qui, comme TotalEnergies, développent de nouveaux champs de pétrole et de gaz, tout en les gardant en portefeuille. Ils conservent ainsi leur pouvoir d’actionnaire et peuvent donc sanctionner les dirigeants de ces entreprises lors de l’Assemblée générale de TotalEnergies, en votant contre la réélection des membres de son conseil d’administration, la rémunération des dirigeants ou l’approbation des états financiers.
Ambition de la stratégie d’investisseur en matière de pétrole et de gaz :
| Pas de stratégie d’investissement sur le climat (pétrole et gaz) |
|---|
| Ou stratégie faible : ne s'est pas engagé à arrêter les nouveaux investissements dans les développeurs pétroliers et gaziers et n'a pas indiqué de votes d'opposition à la stratégie climaticide de TotalEnergies en 2025 |
* Federated Hermes, PFA et Robeco coordonnent le dialogue des investisseurs du Climate Action 100+ avec TotalEnergies |
| Stratégie d’investisseur limitée sur le climat |
|---|
| Exclut l’achat de nouvelles actions et/ou obligations dans les développeurs pétroliers et gaziers. Ou a voté en 2025 contre la stratégie climaticide de TotalEnergies et a publié ses votes. |
|
| Stratégie d’investisseur engagée sur le climat |
|---|
| Exclusion du portefeuille d’investissement de toutes ou une majorité des entreprises pétro-gazières, dont TotalEnergies. Ou exclusion de l’achat de nouvelles actions et obligations dans les développeurs pétroliers et gaziers, a voté en 2025 contre la stratégie climaticide de TotalEnergies et a publié ses votes. |
Source : Reclaim Finance, Oil and Gas Policy Tracker, Quels investisseurs refusent de soutenir TotalEnergies ?, TotalEnergies : ces actionnaires qui ont voté pour les reculs climatiques en 2025 |
Principaux financements des projets de TotalEnergies
Sources : Analyse de Reclaim Finance, basée sur les données du rapport Banking on Climate Chaos 2024 et les données financières extraites du terminal Bloomberg le 13 mars 2024

pour en savoir plus
Banking on Climate Chaos 2024 : rapport annuel compilant les financements à l’industrie fossile des 60 plus grandes banques internationales. Lire plus
Oil and Gas Policy Tracker : évaluation des politiques des institutions financières en matière de pétrole et de gaz. Lire plus
Evaluation des stratégies climat des entreprises pétro-gazières (2024) : Analyse de la stratégie climat de l’entreprise à horizon 2030 à travers l’évaluation de sa stratégie d’investissement, de son plan de production fossile et de son plan de diversification. Lire plus
The Bond Market, A cash cow for TotalEnergies’ climate-wrecking projects (2024) : briefing sur les soutiens financiers des obligations de TotalEnergies. Lire plus
Appel à revoir l’engagement des entreprises pétro-gazières sur la stratégie climatique (2024) : lettre ouverte appelant 50 grands investisseurs à revoir radicalement leurs relations avec les entreprises pétro-gazières sur les sujets climatiques. Lire plus




































